
© (Visuel Créature architectes)
Deux ans de travaux vont débuter pour réhabiliter le groupe scolaire Andersen, aux Couronneries, à Poitiers.Le projet et le chantier innoveront pour la transition écologique.
À la rentrée du lundi 4 mars 2024, les élèves de l’école Andersen, aux Couronneries, vont prendre de nouveaux repères. Les deux maternelles et l’élémentaire entrent en effet en chantier, pour une réhabilitation totale sur 3.800 m2 et un agrandissement de 1.000 m2, avec une livraison annoncée fin 2025 (1). 7.500 m2 de surfaces extérieures seront aussi traités. Pendant la première année de travaux, les salles de classe vont être transférées dans des bâtiments modulaires, installés dans la cour de l’école et dans la rue du Fief-des Hausses.
Du réemploi à grande échelle
D’un montant total de 14,43 millions d’euros TTC (foncier compris), dont 9,1 millions de travaux (2), le projet s’inscrit dans le renouvellement urbain des Couronneries et est conduit par la SPL Poitou aménagement. L’un des piliers est l’unification et la sécurisation de l’entrée des élèves, par la création d’un nouveau parvis. Il sera tourné vers le quartier, du côté où se trouve aujourd’hui le city park. Un hall d’accueil pourra largement s’ouvrir sur le quartier lors d’événements festifs et ainsi permettre aux habitants d’accéder à la cour végétalisée.

En réponse aux forts besoins, comme l’a indiqué Nathalie Rimbault-Hérigault, adjointe au patrimoine, la salle plurivalente qui sera créée rue de la Clouère, ainsi que les locaux associatifs réaménagés rue du Fief des hausses, seront « mutualisés le plus possible ». L’autre axe majeur de ce projet, tant dans sa finalité que dans son déroulement, c’est son « empreinte environnementale forte, au-delà de la réglementation », souligne l’architecte, Pierre Pinheiro.
2.000 m2 de panneaux solaires
Dans sa finalité, cela se traduira par le choix des matériaux (isolation extérieure en fibre de bois pour l’existant, agrandissement en bois et paille) ; une cour de récréation végétalisée à 50 % ; la sobriété énergétique. Rafael Dos Santos, élu municipal aux bâtiments, détaille : « Une société extérieure installera des panneaux solaires photovoltaïques sur toute la toiture, sur 2.000 m2, ça n’a encore jamais été fait à cette ampleur à Poitiers. »
Autre nouveauté, pendant le chantier cette fois : le réemploi (dalles de faux plafond, cloisons de W.-C., luminaires, patères…) sera favorisé pour réduire la consommation de ressources. « C’est courant sur des chantiers plus modestes, mais à grande échelle, ça ne coule pas de source, constate Pierre Pinheiro. C’est aussi l’occasion de sensibiliser les entreprises. La dépose en vue d’un réemploi, au lieu de tout casser, nécessite plus de temps et des qualifications différentes. » Rafael Dos Santos souligne que l’argent est ainsi dépensé « pour une main-d’œuvre locale » et que les matériaux récupérables non réinjectés sur place pourront intéresser d’autres acteurs locaux du réemploi.
(1) Avec une prolongation début 2026 pour les locaux associatifs et le périscolaire.
(2) Financements : Union européenne, État, Agence nationale de renouvellement urbain, Action Logement, Agence de l’eau, Caf, Ville.
500 élèves et 100 adultes
Hélène Paumier, adjointe, et Agnès Faivre, directrice de l’éducation à la Ville, ont rappelé la nécessité « d’offrir une installation adaptée à l’accueil de 500 élèves (200 en maternelle, 300 en élémentaire), pour un climat scolaire plus apaisé ». Sophie Chesne, responsable de projet à Poitou aménagement, et Pierre Pinheiro, de l’agence Créature architectes, ont aussi insisté sur la « coconception avec les enseignants et tous les personnels », soit une centaine d’adultes, tous métiers confondus.
Article publié par le journal La Nouvelle République le 13 février 2024.