LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE 01.02.2019

Daniel Hofnung, président et Stéphanie Bonnet, directrice.

Malgré les difficultés, Ekidom veut quand même poursuivre ses actions de
réhabilitation dans le cadre de la rénovation urbaine, comme ici aux
Couronneries.© Photo NR
Contraint par la loi de finances, le bailleur social augmente ses loyers de 1,25 % en 2019. Une situation compliquée qui va l’obliger à faire de nouveaux choix.
Le bailleur Ekidom entre dans une période difficile. C’est sans ambages le constat fait hier matin par son président Daniel Hofnung et sa directrice générale Stéphanie Bonnet. Voilà en effet que ce grand paquebot, issu de la fusion entre Logiparc et Sipea, est contraint de réduire la voilure en terme d’investissements et d’augmenter les loyers en direction des locataires de ses quelque 12.730 logements.
Ekidom dénonce le volet de la loi de finances 2018 réduisant le financement des loyers solidarité (RLS) pour les bailleurs, appliquée depuis février dernier.
“ Étaler les chantiers dans le temps ” « Avec le surcoût lié à l’augmentation du taux de TVA, tout cela aboutit à un manque à gagner de 3, 9 M€, résume Daniel Hofnung. Une telle situation nécessite une réduction des investissements estimée à 5,7 M€ dès cette année et 12,5 M€ pour 2020 ». Première traduction concrète de cette situation pour le locataire, une hausse de 1,25 % des loyers sur la quittance du mois de janvier, soit environ 3 € par mois.
Des ambitions à la baisse Une augmentation non négligeable si l’on tient compte de la situation économique de plus de la moitié d’entre eux, souvent des personnes seules dont les revenus sont inférieurs à 1.000 euros mensuels.
Ces décisions gouvernementales ont d’autres conséquences sur la vie du bailleur qui va ainsi revoir à la baisse des ambitions affichées en 2016 dans son plan stratégique patrimonial (PSP). Une feuille de route en quelque sorte qui prévoyait notamment un engagement de 165 M€ sur 10 ans.
« Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de pouvoir le faire sur cette période. En tout cas, ça va être difficile », remarque Stéphanie Bonnet. Autre dilemme, le nouveau programme national de rénovation urbaine dans lequel Ekidom était engagé à hauteur de 70 M€. « Est-ce qu’on pourra faire autant ? » s’interroge encore la directrice.
L’heure est donc aux choix et sans doute à une gestion différente des chantiers envisagés dans les domaines de l’entretien, des grosses réparations, « qui seront forcément retardés ou étalés dans le temps ».
« Pour autant, ajoute Stéphanie Bonnet, on essaie d’être un acteur économique important sur le territoire et de poursuivre notre mission d’innovation. » (*)
En témoignent par exemple un accueil téléphonique pour un meilleur accueil des clients, la refonte de l’Extranet Client pour une communication plus efficace entre les locataires et les équipes d’Ekidom.
(*) En 2019, Ekidom prévoit de réhabiliter 772 logements sur l’ensemble des quartiers, livrera 46 logements neufs. 88 autres sont en cours.
Les balcons à l’étude
> En novembre 2018, une étude commandée à un bureau de contrôle concernant les balcons d’une barre d’habitation de la rue Normandie-Niémen, dans le quartier des Trois-Cités, révélait que la qualité et la solidité des dalles de certains balcons et de leurs garde-corps métalliques n’était pas certaine.
> Du coup, 32 balcons donnant sur la rue étaient sécurisés avec des barrières et des entrebâilleurs verrouillables (Voir notre édition du 28 novembre 2018).
> Ekidom a pu intervenir sur la quasi-totalité des logements concernés. Seuls deux d’entre eux n’ont pu être vérifiés, du fait du refus des locataires. Une procédure d’huissier est en cours.
> Une seconde étude concernant l’arrière du bâtiment est entamée. Pour le reste, une entreprise doit intervenir entre le 12 et le 28 février prochain.