LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE 25.06.2020

Depuis le 11 mai, le centre d’animation des Couronneries a rouvert progressivement ses accueils. © (Photo CSC les Couronneries)

Les protocoles sont allégés pour les centres d’animation de Poitiers mais pas suffisamment pour pouvoir accueillir tout le monde. Il a donc fallu s’organiser.

Ils font partie des personnes qui ont travaillé sans relâche depuis le confinement, et même plus encore qu’avant. Le personnel des centres de loisirs, d’animation, les maisons de quartier de Poitiers tente de garder le lien avec les habitants confinés. Cela passe par l’assistance aux familles qui subissent la fracture numérique, la livraison de colis alimentaires d’urgence, les « maraudes », l’accueil dans le cadre du dispositif 2S2C…
« Une amplitude horaire qui pouvait aller de 9 h à 20 h », détaille Christian Frossard, directeur du centre d’animation des Couronneries qui a distribué 18.300 attestations de déplacement pendant le confinement. Directeurs et animateurs courent encore aujourd’hui, cette fois pour préparer le programme d’été qui n’a de cesse de changer au gré des protocoles sanitaires. « Quatre changements d’agenda depuis fin mai », déplore Béatrice Charrier, directrice du centre d’animation de Beaulieu.
Une grande demande cet été Du fait des contraintes sanitaires qui empêchent de nombreuses familles de rentrer au « pays », le personnel des centres de loisirs redoute qu’un trop grand nombre de familles se retrouve dans les quartiers sans possibilité de partir en vacances, sans occupation. Cet été aura donc une autre saveur. L’organisation a été fortement modifiée. Les activités seront limitées car quelques endroits de loisirs n’ont pas encore rouvert (bowling, patinoire, etc.), les voyages hors Poitiers sont annulés ou fortement restreints en fonction des structures.

Les accueils entre les murs se font en fonction d’une jauge limitée — sauf pour Cap Sud qui a réussi à obtenir auprès de la Ville un accueil supplémentaire pour les primaires à l’école Ernest-Pérochon. Et sur critère d’éligibilité pour certains : « les parents qui travaillent » aux Trois-Cités et aux Couronneries, « les familles monoparentales ou les grandes fratries » à Beaulieu.
De nombreux parents, dont les enfants sont prioritaires, ont été démarchés par téléphone pour les inscriptions d’été dans les centres. Des listes d’attente ont été créées. Tout le monde n’aura donc pas sa place. Certains centres ont ouvert leurs inscriptions depuis fin mai, « mais depuis quelques jours les familles se pressent pour des inscriptions de dernière minute », ajoute Frédéric Detrait, directeur du centre socioculturel de la Blaiserie, qui, malgré les contraintes en vigueur, va faire en sorte « que tous les enfants vivent un super été. Ils en ont besoin, car beaucoup ne sont pas sortis depuis le confinement ».
Seule solution cet été pour « aérer » les enfants et atteindre le plus grand nombre cet été : sortir des murs et multiplier les activités en extérieur (lire l’encadré ci-dessous).

Les centres de loisirs retournent au cœur du métier : la rue

« On est très préoccupé par la situation sur le terrain, remarque Christian Frossard, directeur du centre d’animation des Couronneries. Cet été, on va devoir renforcer notre présence sociale de rue, on retourne ainsi au cœur de notre métier. » Ainsi, aux Couronneries comme dans les autres quartiers de Poitiers, des animations culturelles en pied d’immeuble, en journée comme en soirée, sont proposées. Aux Trois-Cités, « la situation ne nous empêchera pas de jouer au ballon », annonce Mickaël Castro-Cintas, responsable du service enfance. À Bellejouanne, des balades sont proposées aux familles depuis le déconfinement, une opération « Ça bouge en bas de chez vous » avec des concours de jeux de palets, de boules, « les jeudis sous les arbres » des concerts sont organisés, des lectures de rue… Des pique-niques une fois par semaine en forêt pour les enfants de la Blaiserie. Le nombre de « maraudes » sera fortement augmenté pour garder contact.